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Ruelle calme de la médina de Marrakech, porte sculptée et murs ocre, loin de l'agitation des souks

Jemaa el-Fna, les souks, le jardin Majorelle, les rooftops au coucher du soleil : Marrakech a ses incontournables, et ils méritent leur réputation. Mais à quelques minutes de ces lieux très fréquentés, une autre ville se dévoile, plus calme, plus surprenante, et souvent ignorée des itinéraires classiques. Quartiers chargés d’histoire, marché aux puces, ateliers séculaires, oasis aux canaux millénaires et cuisine de rue : voici de quoi découvrir un Marrakech insolite, à rythme lent.

Le Mellah, la mémoire juive de la médina

Au sud-est de la médina, près du palais de la Bahia, le Mellah est l’ancien quartier juif de Marrakech. Il a été créé en 1558, sous le règne du sultan saadien Abdallah al-Ghalib, et fut longtemps l’un des principaux quartiers commerçants de la ville, fermé la nuit par ses portes.

On y flâne dans des ruelles étroites, bordées de maisons aux balcons ouverts sur la rue, une architecture qui tranche avec les façades aveugles du reste de la médina. Deux lieux en racontent l’histoire. La synagogue Slat al-Azama, construite au XVIe siècle, est toujours en activité. Le cimetière de Miâara, d’époque saadienne lui aussi, est présenté comme le plus grand cimetière juif du Maroc, avec ses milliers de tombes blanchies à la chaux, réparties en sections distinctes pour les hommes, les femmes et les enfants.

Le quartier se visite tôt le matin, quand les étals du marché aux épices voisin s’installent et que la lumière rase les murs.

Bab El Khemis, le marché aux puces des chineurs

Au nord de la médina, près de la porte qui lui donne son nom, le marché de Bab El Khemis est le rendez-vous des chineurs. Rien à voir avec les souks touristiques : on y trouve du mobilier ancien, des portes sculptées, des luminaires, de la vaisselle, des pièces détachées et des objets de récupération, entassés dans un joyeux désordre.

Le lieu a ses habitués de longue date : décorateurs, collectionneurs, Marrakchis en quête d’une pièce rare. On y vient pour l’ambiance autant que pour les trouvailles, et pour voir une facette très concrète de la vie de la médina. À noter : le marché est fermé le vendredi.

Le quartier des tanneurs, un savoir-faire séculaire

À l’est de la médina, autour de Bab Debbagh, le quartier des tanneurs perpétue une activité qui remonte à la fin du XIe siècle. Les peaux y trempent dans des cuves creusées dans le sol, puis sont traitées, teintes et séchées en plein air avant de partir vers les ateliers de maroquinerie.

Le spectacle est saisissant, l’odeur aussi : on vous tendra souvent un brin de menthe à l’entrée. Mieux vaut y aller accompagné de quelqu’un qui connaît le quartier, pour comprendre les étapes du travail et accéder aux terrasses qui dominent les cuves.

Guéliz, l’Art déco loin des souks

Changement total de décor à l’ouest des remparts. Guéliz, la ville nouvelle aménagée au début du XXe siècle sous le protectorat, a conservé de belles façades Art déco des années 1930, des avenues plantées d’arbres et des immeubles qui mêlent les époques.

On s’y promène le nez en l’air, entre galeries d’art, cafés de quartier et murs couverts de street-art. C’est aussi le Marrakech où vivent et travaillent beaucoup d’habitants : un bon moyen de sortir de l’image carte postale et de voir la ville d’aujourd’hui.

La Palmeraie et ses khettaras

Au nord de la ville, la Palmeraie s’étend sur des milliers d’hectares, avec en toile de fond le massif des Jbilets. On la connaît surtout pour ses grandes propriétés et ses balades à dos de dromadaire, mais elle cache un patrimoine moins connu : les khettaras, un système d’irrigation souterraine qui acheminait l’eau depuis les montagnes jusqu’aux cultures de l’oasis.

Ces galeries creusées à la main, signalées en surface par des alignements de puits, racontent l’ingéniosité qui a permis à une oasis de prospérer aux portes du désert. Des programmes de replantation travaillent aujourd’hui à préserver cette palmeraie fragilisée par la sécheresse.

Petite pause gourmande : la street food marrakchie

Grillades et jarres de tanjia sur un stand de street food le soir à Marrakech

 

Le soir venu, les stands de street food servent la cuisine des Marrakchis.

Explorer Marrakech hors des sentiers battus, c’est aussi goûter ce que mangent les Marrakchis. Le soir venu, les stands de Jemaa el-Fna et des ruelles voisines servent une cuisine simple et généreuse : harira, la soupe épaisse aux lentilles et pois chiches, brochettes grillées, escargots dans un bouillon parfumé aux épices, msemen, ces crêpes feuilletées que l’on mange chaudes, et beignets sfenj au petit matin.

La spécialité de la ville reste la tanjia, que l’on appelle aussi « la fille des cendres ». Viande, ail, citron confit, cumin et safran sont enfermés dans une jarre en terre, confiée au farnatchi, le gardien du foyer qui chauffe l’eau du hammam du quartier. Il l’enfouit dans les cendres chaudes pendant plusieurs heures, et l’on revient la chercher à point. Un plat d’artisans, né de la vie de quartier, et l’une des expériences culinaires les plus authentiques de Marrakech.

Explorer autrement : la ville en side-car

Relier ces quartiers en une seule sortie n’est pas simple : les distances sont longues entre la Palmeraie, Guéliz et la médina, et les ruelles anciennes ne se prêtent pas à la voiture. C’est là que l’expérience proposée par Marrakech Insiders prend tout son sens : découvrir la ville en side-car vintage, accompagné d’un Insider privé qui connaît chaque recoin de la médina. On embarque à un ou deux passagers par side-car, au départ de Bab Doukkala, et l’on alterne trajets et passages à pied pour entrer là où un véhicule ne va pas.

Plusieurs de ses balades explorent la Palmeraie, le Guéliz moderne et la Médina historique, du Mellah au quartier des tanneurs en passant par Bab El Khemis, et l’itinéraire se discute toujours au départ avec l’Insider pour retenir le parcours le plus intéressant. Le soir, une balade nocturne traverse l’Hivernage puis la médina illuminée, avec une pause street food en chemin. Une manière à la fois confortable et incontournable de voir le Marrakech que la plupart des visiteurs ne font qu’apercevoir.

Prendre le temps, pousser une porte, goûter un plat de quartier : c’est souvent là, loin des files d’attente, que Marrakech laisse ses meilleurs souvenirs.